MAO (Hervé, Marie)
Né le 14 juin 1913 à Edern (Finistère)
Décédé le 15 avril 1987 à Brest (Finistère)
Député du Finistère de 1956 à 1958
Fils
de cultivateurs-exploitants, orphelin de guerre, Hervé Mao est adopté
par la nation suivant le jugement du tribunal civil de Châteaulin daté
du 17 juin 1919. Il suit les cours de l'école primaire supérieure et
commence à travailler aux PTT à dix huit ans, en 1931. Reçu au concours
des PTT, il est nommé commis à Paris. En 1934, il part au service
militaire mais est réformé au bout de quelques mois pour affection
pulmonaire. Nommé à Brest en 1937, il se marie le 9 juillet de la même
année, avec Anne Guidal, à Châteaulin. Deux ans plus tard, Hervé Mao
accède au grade de contrôleur des PTT dans cette ville. Nommé
inspecteur-adjoint des postes après à la Libération, il termine sa
carrière comme inspecteur principal des PTT.
Hervé
Mao, militant très actif de la CGT et de la SFIO, à laquelle il a
adhéré en 1932, participe dès l'avant-guerre à des réunions politiques
où il prend parfois la parole. Sa participation active à la résistance
l'oriente vers un militantisme plus actif encore.
Non
mobilisé en septembre 1939, Hervé Mao s'embarque avec des collègues le
18 juin 1940 sur Le Guilvinec pour rejoindre l'Angleterre. Le bateau
est détourné sur le Maroc et il séjourne deux mois à Casablanca et à
Rabat. Rapatrié en France, le bouillant postier est mis à pied puis
réintégré dans les PTT par le gouvernement de Vichy. Il s'engage alors
dans une résistance multiforme, politique, administrative et militaire.
En mars 1942, Mao rejoint le mouvement Libération-Nord dont
Tanguy-Prigent est le principal dirigeant pour le Finistère. De 1943 à
mai 1944, il est agent du réseau F2, chargé notamment d'organiser
l'interception des lettres de dénonciation dans les principaux bureaux
de poste de Brest, Landerneau et Châteaulin. Il organise aussi des
parachutages d'armes dans la région de Châteaulin comme responsable de
l'armée secrète et met sur pied, à partir du 1er mai 1944, la compagnie
FFI " de Gaulle " qu'il commande avec le grade de lieutenant. Cette
compagnie, intégré au bataillon Stalingrad, participe en août 1944 aux
combats pour la libération de la presqu'île de Crozon. Déjà décoré de
la Croix de guerre 1939-1945, Hervé Mao obtient, le 21 janvier 1953, la
carte de combattant volontaire de la résistance (CVR).
Hervé
Mao désigné maire provisoire SFIO de Châteaulin en 1944, se voit
reconduit régulièrement dans cette fonction par les électeurs. Elu la
première fois aux municipales d'avril-mai 1945, il administre la ville
jusqu'en 1971, puis siège comme simple conseiller municipal jusqu'en
1977. En juillet 1945, il reçoit le général de Gaulle à la mairie de la
cité.
Hervé Mao tente en vain à de multiples
reprises de conforter sa position locale en gagnant un siège de
conseiller général. Il se présente à Châteaulin aux cantonales de
septembre 1945, avril 1958 et 1964, et sans plus de succès au Faou en
1951 et à Pleyben en 1961. Dans le grand Ouest où l'affrontement entre
les Bleus et les Blancs est de règle, Hervé Mao milite activement dans
les rangs laïques. Président de la délégation cantonale de Châteaulin,
il est vice-président de l'Amicale laïque châteaulinoise.
Le
maire de Châteaulin, ville moyenne, figure tout d'abord en situation
subalterne sur les listes SFIO aux premières élections nationale
d'après-guerre. En octobre 1945, pour l'élection à la première
Constituante, il occupe la cinquième position (9 sièges) sur la liste
conduite par François Tanguy Prigent, ministre du général de Gaulle
depuis 1944, et Jean-Louis Rolland, tous deux élus du Front populaire
qui avaient refusé les pleins pouvoirs au gouvernement du maréchal
Pétain en juillet 1940. Ils sont les seuls députés socialistes du
département à l'issue du scrutin. Pour les deux élections suivantes, à
la deuxième Constituante et à la première législature de la IVe
République, Hervé Mao rétrograde à la septième place de la liste
socialiste, une femme et un enseignant ayant été introduits parmi les
candidats. En 1951, il accède enfin à la troisième place, derrière
Tanguy-Prigent et Eugène Reeb qui représente le sud du département, où
la SFIO est bien implantée. Mais les socialistes n'ont toujours que
deux élus à l'Assemblée et Hervé Mao patiente toujours aux portes du
Palais Bourbon.
L'élection législative
partielle de mars 1955 consécutive à la mort de Joseph Halleguen,
député gaulliste, offre à Hervé Mao la chance d'approcher sinon
d'atteindre son but. Conformément à la loi électorale du 9 mai 1951,
l'élection doit se faire, dans ce cas, au scrutin uninominal,
majoritaire à deux tour. Hervé Mao obtint 47 125 suffrages, derrière
Jean Crouan, du Centre national des Indépendants, ancien candidat du
RPF, et le candidat du MRP Louis Orvoën, mais il devance le candidat
communiste Pierre Mazé de 1 500 voix. Mais celui-ci se maintient au
deuxième tour, alors que Louis Orvoën se désiste en faveur de Jean
Crouan. Avec 52 561 suffrages, soit 20,7 % des votants, Hervé Mao
n'arrive qu'en deuxième position derrière Jean Crouan, élu avec près de
55 % des suffrages. Echec encourageant qui l'incite à préparer
activement les élections législatives prévues pour le printemps
suivant. La dissolution de l'Assemblée nationale par le gouvernement
Edgar Faure précipite les échéances. Le maire de Châteaulin est placé
en deuxième position (10 élus pour le Finistère) sur la liste
socialiste, derrière Tanguy-Prigent mais devant l'autre député
socialiste sortant Eugène Reeb. Ensemble, ils mènent une campagne
active contre "le mauvais coup" de la majorité qui rétablit "le
syndicat des sortants". Ils visent par ce vocabulaire l'apparentement
entre le RGR, le MRP et les indépendants et paysans qu'ils qualifient
encore de "politiciens déshonorés" par la défaite en Indochine et leur
politique en Afrique du Nord. Cette campagne, proche sur la forme de
celle des poujadistes, porte ses fruits. La liste socialiste, une des
neuf en course, obtient une moyenne de 66.137 suffrages sur 496.888
inscrits et 398.472 exprimés. Bénéficiant de nombreux votes
préférentiels, Hervé Mao en recueille personnellement 67.600, loin
devant Reeb qui en comptait 1.500 de moins, confirmant ainsi sa
popularité grandissante dans les milieux socialistes. Tanguy-Prigent et
Hervé Mao sont élus.
Son activité
parlementaire, qui ne s'étend que sur deux années, est limitée. Il
appartient à quatre commissions. Tout d'abord à celle de la marine
marchande et des pêches, secteur intéressant beaucoup ses électeurs
finistériens ; ensuite à celle de la famille, de la population et de la
santé publique, dans laquelle il ne se fait guère remarquer. Il est
plus actif à la Commission des finances, où il défend les intérêts de
ses anciens collègues agents de la Poste, et surtout à la Commission de
la défense nationale. Dans cette dernière, alors que son camarade
Tanguy-Prigent est ministre des anciens combattants en 1956-1957, il
dépose des propositions de loi visant à l'extension des droits de ces
derniers et présente plusieurs rapports.
Hervé
Mao, comme Tanguy Prigent, les 1er juin et 3 juin 1958, refuse
d'accorder au général de Gaulle la confiance, les pleins pouvoirs et
les pouvoirs constituants. Gaulliste - il le réaffirme en 1960 en
recevant de nouveau l'ancien chef de la France Libre dans sa cité -, il
n'accepte pas les conditions du retour au pouvoir du général de Gaulle
et la participation de Guy Mollet au gouvernement. Avec Tanguy Prigent,
et la majorité de leur fédération, il fait campagne pour le non au
référendum à l'automne 1958, contre Hippolyte Masson, ancien secrétaire
fédéral et sénateur du département.
En
novembre 1958, Hervé Mao se représente aux élections législatives dans
la 6ème circonscription du Finistère, celle de Châteaulin-Carhaix. Il y
affronte un autre sortant, Jean Crouan. Il obtient au premier tour 6
316 suffrages, devançant de peu le communiste Roger Thomas, qui se
désiste pour Hervé Mao qui a nettement fait campagne pour le non. Avec
16 429 voix, Hervé Mao est nettement battu au second tour par Jean
Crouan qui obtient l27 111 voix. La carrière parlementaire d'Hervé Mao
est achevé mais il poursuit son action au plan départemental, au nom de
la SFIO, puis de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste
(FGDS), enfin du Parti socialiste.
Quand au
début octobre 1959, Tanguy-Prigent décide de quitter la SFIO pour
rejoindre le Parti socialiste autonome, Mao s'oppose lui. Avec
Hippolyte Masson, il reste fidèle à la " vieille maison " et défend
lors du congrès fédéral du 25 octobre 1959 une motion de synthèse pour
préserver l'unité du parti socialiste qui l'emporte. Le maire de
Châteaulin devint alors le secrétaire de la fédération SFIO du
Finistère d'octobre 1959 à 1965. Il est à nouveau candidat dans son
arrondissement lors des élections législatives de novembre 1962, où il
arrive en quatrième position au soir du premier tour. Mao bénéficie du
désistement de Louis Hémery, candidat du PCF, dans la quadrangulaire
qui l'oppose à l'UNR Suzanne Ploux, au MRP Edouard Le Jeune et au
candidat d'Action régionale, ex-radical, Jean Rohou. Suzanne Ploux
l'emporte au second tour avec 33,3% des suffrages exprimés. Mao arrive
en troisième position avec 21,4% des voix seulement.
Toujours
socialiste SFIO, mais aussi président départemental de la FGDS, le
maire de Châteaulin est de nouveau candidat en 1967 au nom de cette
alliance. Cette fois, il est devancé au premier tour par le communiste
Louis Hémery. Il recueille 7 085 voix, contre 8 729 à Hémery.
Respectant l'accord conclu entre la FGDS et le PCF, Hervé Mao se
désiste pour ce dernier qui est battu au second tour par Suzanne Ploux.
Il ne présente pas en juin 1968 et connaît un dernier échec, lorsqu'il
se présente, au nom du Parti socialiste en mars 1973.
Hervé
Mao, titulaire de la Médaille du combattant volontaire de la Résistance
et de la Croix de guerre 1939-1945, a été fait commandeur dans l'ordre
des palmes académiques, officier d'Académie, médaillé de l'éducation
physique. Il est également médaillé des hospitaliers sauveteurs.
Hervé Mao meurt le 15 avril 1987 à Brest
Les commentaires récents